Stratégie de navigation durable
Vision
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Du développement durable à
la navigation durable
La croissance démographique, l’occupation toujours
plus intense du territoire, l’exploitation accélérée
des matières premières et les impacts engendrés
par ces activités sur l’environnement (air-sol-eau)
ont conduit divers intervenants internationaux, dans les années
soixante, à amorcer une réflexion portant sur la durabilité
sociale, économique et environnementale de ce développement.
Cette réflexion, et particulièrement les préoccupations
qui l’accompagnent, s’est par la suite intensifiée
et a culminé, en 1987, avec le rapport de la Commission mondiale
sur l’environnement et le développement (rapport Brundtland,
Notre avenir commun). Une expression simple, mais intégrante,
du développement durable était finalement proposée
et acceptée par la communauté internationale. Le développement
durable est ainsi compris comme:
Un développement qui répond aux
besoins du présent sans compromettre la capacité des
générations futures de répondre à leurs
propres besoins.
Cette définition a servi de cadre de référence
à différents secteurs d’activité qui
l’ont adaptée à leurs besoins respectifs. Ainsi,
dans le secteur du transport, l’Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE) a proposé
une définition du transport durable qui ne faisait pas de
distinction entre les différents modes :
Un transport qui ne met pas en danger la santé
publique et les écosystèmes et qui respecte les besoins
de mobilité tout en étant compatible avec :
a) une utilisation des ressources renouvelables à
un taux inférieur à celui nécessaire à
leur régénération; et
b) une utilisation des ressources non renouvelables à
un taux inférieur à celui nécessaire à
la mise au point de ressources renouvelables de remplacement.
(Tiré de la traduction d’Environnement
Canada et de Transports Canada, 1997)
Ces multiples efforts ont permis d’établir le cadre
d’orientation du développement durable. Ce dernier
doit prendre en considération les trois pôles principaux
suivants, à savoir l’économie, l’environnement
et la société, et il doit tendre à un équilibre
entre eux.
En appliquant ces concepts aux activités de la navigation,
il devient possible de définir ce que pourrait être
une navigation durable pour le Saint-Laurent :
Gestion de la navigation commerciale et récréative
et des opérations de navires à quai intégrant
les objectifs de durabilité économique, environnementale
et sociale et assurant, à court terme et pour les générations
futures, une protection adéquate des écosystèmes,
de la qualité de vie, de la santé et de la sécurité
humaines, tout en permettant le développement de la navigation.
(Comité de concertation
navigation, 2003)
Cette définition reflète l’importance d’adhérer
aux impératifs de durabilité dans la gestion des activités
de navigation. En fondant la réalisation de la navigation
durable sur les pratiques de gestion, c’est au sein même
des activités quotidiennes des intervenants et gestionnaires
concernés que s’intègrent les préceptes
de durabilité. De plus, la navigation durable souscrit à
l’équilibre recherché par le développement
durable à savoir la prévention, l’atténuation
ou l’élimination des impacts négatifs de la
navigation commerciale et de plaisance sur les écosystèmes
et les usages du Saint-Laurent. En parallèle et toujours
dans la recherche de cet équilibre, elle met en évidence
les aspects environnementaux, sociaux et économiques avantageux
de la navigation.
En soutien à cette définition, des principes directeurs
et d’application ont été élaborés
dans le but de servir de cadre de référence aux intervenants
et décideurs ayant à agir directement ou indirectement
dans les questions touchant les activités de navigation commerciale
et de plaisance. Conformément à la définition,
les principes constituent une forme d’idéal, de vision
du Saint-Laurent à préserver en proposant des balises
d’orientation au déroulement des activités de
navigation. L’appropriation de cette vision par les décideurs
et intervenants en favorisera la réalisation.

Principes directeurs et d'application
Le schéma ci-dessous présente le fonctionnement
de la stratégie. Les principes directeurs et d’application
permettront d’encadrer les différentes actions liées
à la navigation pour qu’elles puissent respecter les
exigences d’une navigation durable.
Principes directeurs
Protection des écosystèmes et de la ressource eau
Assurer la pérennité des écosystèmes
du Saint-Laurent, leur productivité et les rôles
essentiels qu’ils jouent, et ne pas perturber la qualité
et la quantité d’eau disponible.
Sécurité des personnes et des navires
Suivre les principes et mesures de sécurité reconnus
pour les équipages, les usagers, les marchandises et les
navires.
Développement des activités de la navigation commerciale
Respecter les exigences d’un développement économique
des activités de navigation et s’assurer de leur
harmonisation avec les impératifs environnementaux et sociaux;
maintenir les accès portuaires soutenant ces activités
et optimiser le recours à la navigation dans les situations
où ce mode de transport offre comparativement plus de gains
environnementaux.
Développement des activités récréatives
et de plaisance
Favoriser le développement et la pratique de ces activités
et s’assurer de leur harmonisation avec les impératifs
environnementaux et sociaux.
Harmonisation des usages et implication des collectivités
riveraines
Respecter les besoins des différents usagers du Saint-Laurent,
particulièrement en matière d’accessibilité,
et s’assurer de la participation des collectivités
riveraines aux processus décisionnels.
Principes d'application
Concertation élargie des intervenants de la navigation
Développer et maintenir la concertation entre les intervenants
publics, les usagers et les collectivités riveraines, et
favoriser la participation au processus décisionnel selon
des modalités diverses pouvant aller de l’échange
d’information à la consultation et, le cas échéant,
à la prise en charge de projets particuliers.
Consolidation des bonnes pratiques et innovation dans les mesures
de gestion environnementale
Appuyer et consolider les bonnes pratiques et initiatives existantes,
et en élaborer de nouvelles au regard de l’évolution
des connaissances, des technologies et des conditions environnementales.
Acquisition et partage de connaissances, et formation
Favoriser, par la recherche et le développement, l’acquisition
et le partage de connaissances environnementales, techniques et
économiques liées à la navigation. En assurer
le transfert, par la formation, vers les usagers commerciaux et
récréatifs.
Diffusion de l’information, sensibilisation et implication
Diffuser l’information concernant les impacts et avantages
de la navigation afin de modifier les perceptions et comportements
des intervenants du domaine maritime, des collectivités
riveraines et des usagers, et favoriser la réalisation
d’actions stratégiques ciblées.
Appréciation environnementale des actions
Assurer un suivi systématique et régulier de l’efficacité
environnementale des mesures mises en œuvre, et instaurer
des correctifs au besoin.
Ces principes reposent principalement sur des valeurs environnementales
et sociales telles que le maintien et le développement d’activités
à moindre impact sur le milieu, la collaboration et la concertation
entre les divers intervenants, mais aussi sur une économie
maritime fondée sur une efficacité accrue des activités
de navigation. La section qui suit présente un ensemble d’enjeux
où des efforts devront être investis en priorité
au cours des prochaines années pour atténuer les impacts
associés à certaines pratiques. |