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Le
Comité ZIP Jacques-Cartier
Des interventions concertées en territoire
urbain
Incorporé
en 1996 sous le nom de Comité ZIP Est de Montréal, le Comité
ZIP Jacques-Cartier a modifié sa dénomination sociale en juin
dernier, afin de mieux refléter son territoire d'intervention.
La présente chronique fait état des activités du Comité, qui
s'emploie à réunir à une même table les nombreux acteurs préoccupés
par des dossiers aussi complexes que la contamination des sédiments
du port de Montréal ou le suivi de la qualité des eaux usées
de la Communauté urbaine de Montréal.

Le territoire dintervention du
Comité ZIP Jacques-Cartier couvre des secteurs fortement urbanisés
et densément peuplés, soit Montréal et Montréal-Est sur la rive
nord, ainsi que Saint-Lambert, Longueuil et Boucherville sur
la rive sud. Outre celle de Montréal, plusieurs îles s'échelonnent
sur ce territoire : l'île Sainte-Hélène, l'île Notre-Dame,
l'île Verte, l'île Batture, les îles du parc de Boucherville
et les battures Tailhandier. Isolée du fleuve par la présence
dautoroutes et, du côté montréalais, par les infrastructures
portuaires (25 kilomètres de berge sont consacrés à cette
seule activité), la population manifeste de plus en plus fréquemment
son désir d'accéder de nouveau au fleuve.
Soulignant le grand nombre de structures organisationnelles
engagées, dans ce contexte métropolitain, dans la protection,
la gestion et la mise en valeur du fleuve, Mme Claire Vanier,
coordonnatrice du Comité ZIP, insiste sur le potentiel de la
concertation en vue de la mise en uvre des projets inscrits
au PARE de la ZIP Jacques-Cartier. La réalisation de projets
à caractère environnemental nécessite effectivement l'établissement
de contacts soutenus avec différents acteurs, gouvernementaux
et non gouvernementaux, dont les objectifs peuvent parfois paraître
divergents.
Parmi les treize fiches techniques inscrites au
PARE du Comité ZIP Jacques-Cartier, deux projets en cours de
réalisation permettent d'illustrer, d'une part, les particularités
découlant du caractère urbain de son territoire et, d'autre
part, lintérêt de l'approche de concertation retenue pour
favoriser l'harmonisation des divers usages liés au Saint-Laurent.
Les sédiments contaminés de la zone portuaire
de Montréal
Moteur du développement industriel et urbain,
la zone portuaire de Montréal s'est développée à une époque
où les normes environnementales n'existaient pas, ce qui a entraîné
une dégradation significative de la qualité de l'eau et des
fonds du fleuve. « Évidemment, le rôle du Comité ZIP ne
consiste pas à évaluer le niveau de contamination des sédiments,
ni à procéder à la restauration de ces sites », explique
Mme Vanier. « Nous pouvons toutefois contribuer grandement
à la résolution de cette problématique, par exemple en réunissant
les partenaires industriels, les instances gouvernementales
ainsi que les organismes du milieu, en favorisant la concertation
entre ces différents acteurs et en informant la population. »
C'est dans ce but que le Comité ZIP Jacques-Cartier
a mis en place, au printemps 1999, un groupe consultatif réunissant
plusieurs organismes préoccupés par la restauration des sédiments
du secteur 103 de la zone portuaire. Ces sédiments ont
surtout été contaminés par les eaux usées industrielles rejetées
directement au fleuve dans le passé de même que par les eaux
de ruissellement polluées par les terrains industriels. On observe
ainsi dans ce secteur des niveaux élevés d'hydrocarbures et
de métaux lourds.

Le groupe consultatif, qui réunit lAdministration
portuaire de Montréal, Environnement Canada, Norandaÿ CCR, Pétrolière
Impériale, Shell Canada, le ministère de l'Environnement du
Québec, le ministère de la Santé et des Services Sociaux du
Québec ainsi que plusieurs organismes du milieu, a jusqu'à maintenant
défini ses objectifs et énoncé les moyens quil se donnera
pour les atteindre.
L'intérêt de ce groupe réside d'abord en létablissement
d'un dialogue, voire l'échange de renseignements et d'expertise
entre des acteurs qui, auparavant, avaient établi peu de contacts.
Ainsi, différentes séances de formation permettront aux membres
du groupe consultatif de se sensibiliser à divers aspects relatifs
au dossier des sédiments contaminés, notamment les processus
détude dimpacts et de consultation publique, les
techniques de restauration, les aspects juridiques, etc. Accessibles
au grand public, ces séances prépareront aussi les citoyens
à participer à déventuelles consultations.
Selon certains des partenaires qui uvrent
depuis longtemps dans ce dossier, la mise en place du groupe
consultatif a permis son avancement. On observe en effet un
certain intérêt de la part de sociétés dont les activités industrielles
passées sont liées à la contamination du secteur 103, mais
qui, jusqu'à maintenant, ne s'étaient pas senti interpellées
par la résolution de cette problématique.
Le suivi de la qualité des eaux usées
Les ouvrages dinterception et de traitement
des eaux usées sur le territoire de la Communauté urbaine de
Montréal (CUM) ont nécessité, jusquà présent, un investissement
de plus de 1,4 milliard de dollars. Toutefois, malgré une
nette amélioration de la qualité des eaux de surface du fleuve,
le milieu demeure préoccupé par certains problèmes, notamment
les débordements observés en temps de pluie ainsi que labsence
d'une réglementation régionale uniforme sur les normes de rejets
industriels toxiques aux égouts municipaux.

Le Comité ZIP Jacques-Cartier a mis en place,
en 1997, un comité permanent de suivi des eaux usées pour
le territoire de la CUM, dont il partage aujourd'hui la coordination
avec le Comité ZIP Ville-Marie. Ce comité permanent regroupe
des représentants de la CUM, des ministères de lEnvironnement
du Canada et du Québec, du ministère des Affaires municipales
et de la Métropole, de groupes de citoyens, dorganismes
environnementaux et dindustries.
Soulignant le grand nombre de paliers gouvernementaux
engagés dans la gestion des eaux usées ainsi que l'ampleur des
investissements requis, Mme Vanier insiste sur le potentiel
de l'approche de concertation pour résoudre cette problématique.
« Dans le dossier du suivi de la qualité des eaux usées,
par exemple, la gestion sectorielle a manifestement atteint
certaines limites que le processus de concertation permet de
dépasser. En effet, le décloisonnement induit par la concertation
permet d'additionner l'expertise et l'énergie des intervenants.
Ainsi, nous constatons qu'une " culture de concertation "
sest développée chez lensemble des partenaires,
à mesure que des retombées concrètes résultaient de leurs travaux. »
Mentionnons également que, dans le dossier de
laccessibilité au fleuve et aux îles qui le jalonnent,
le Comité ZIP Jacques-Cartier vise aussi à réunir les instances
responsables de ces territoires ainsi que les acteurs intéressés
par leur mise en valeur ou leur protection. En effet, la rareté
des espaces verts en bordure du fleuve nécessite une alliance
entre les intervenants, dans le but de permettre la concrétisation
des projets. Également, le potentiel écologique et touristique
élevé des îles suscite lintérêt de plusieurs organismes
et promoteurs, ce qui nécessite limplantation dune
gestion globale de ces territoires, qui favorisera à la fois
l'accès du public et le respect de lenvironnement.
Pour information :
Claire Vanier, coordonnatrice
Comité ZIP Jacques-Cartier
Téléphone : (514) 527-9262
Télécopieur : (514) 527-0836
Courriel : zip_jc@cam.org
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