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Patrick Levallois, MD
Josée Chartrand, M.Sc.
Suzanne Gingras, M.Sc.
Aimable Makuza, MD
Marc Rhainds, MD
Pierre Auger, MD
Unité de recherche en santé publique
Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUL)
31 mars 1998
Pour obtenir ce rapport:
quebec.slv2000@ec.gc.ca
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Étude
du potentiel toxique du dioxyde de chlore et de ses
sous-produits chez les nourrissons
Levallois, P., J. Chartrand, S. Gingras,
A. Makuza, M. Rhainds et P. Auger 1999. Étude du potentiel
toxique du dioxyde de chlore et de ses sous-produits chez les
nourrissons. Unité de recherche en santé publique du CHUQ
(P-CHUL), 63 p. + annexes.
Résumé
Compte tenu de la contamination bactérienne des sources deau
potable, comme le fleuve Saint-Laurent ou ses tributaires, la
désinfection de leau avant sa consommation constitue une
mesure de base de santé publique visant à réduire les risques
de maladies infectieuses. Plusieurs recherches ont démontré
que lutilisation du chlore comme désinfectant de leau
de consommation est associée à la formation de sous-produits
chlorés dont la toxicité est de plus en plus mise en évidence.
Bon nombre dusines de traitement deau tentent donc
de délaisser le chlore pour se tourner vers dautres désinfectants.
Le dioxyde de chlore savère une solution au chlore pour
la désinfection de leau potable. Cependant, ses effets
toxiques ainsi que ceux de ses deux principaux sous-produits,
les chlorites et les chlorates, ont été peu étudiés chez lhumain,
notamment chez les jeunes nourrissons. En 1998, 13 usines de
traitement d'eau potable au Québec utilisaient ce désinfectant,
dont 10 puisant leur eau dans un des tributaires du fleuve Saint-Laurent.
Cette étude a évalué les effets possibles liés à lingestion
deau désinfectée au dioxyde de chlore sur la fonction
thyroïdienne et les paramètres érythrocytaires auprès de 46 nourrissons.
Les participants étaient âgés de 8 à 12 semaines et
alimentés avec des préparations lactées reconstituées avec de
leau du robinet. Dix-sept de ces nourrissons habitaient
la communauté (A) où le dioxyde de chlore était utilisé comme
désinfectant principal (concentrations de chlorites de 0,48
à 1,40 mg/l), 15 habitaient la communauté (B) où le
dioxyde était utilisé comme désinfectant secondaire (concentrations
de chlorites de <0,01 à 0,59 mg/l) et 14 habitaient
la communauté (C) où uniquement le chlore et lozone
étaient employés (aucun chlorite détecté).
Les enfants furent évalués à domicile par des infirmières licenciées.
Un prélèvement sanguin était effectué chez le nourrisson pour
évaluer la fonction thyroïdienne (T3 totale, T4 libre
et TSH) et déterminer plusieurs paramètres hématologiques (dont
la méthémoglobine et la méthémoglobine réductase). Les mères
furent questionnées sur leur consommation deau du robinet
pendant les périodes pré et post-natale. Des échantillons deau
du robinet furent prélevés pour évaluation des concentrations
de chlorites et de chlorates.
Lexposition prénatale moyenne combinée aux chlorites
et chlorates a été estimée à 20 g/kg/jour dans la communauté A,
à 3 g/kg/jour dans la communauté B et absente dans
la communauté C. Lexposition postnatale moyenne combinée
aux chlorites et chlorates a été estimée à 106 g/kg/jour
dans la communauté A, 22 g/kg/jour dans la communauté B
et absente dans la communauté C. Tous les paramètres biologiques
mesurés étaient dans les limites de la normale spécifiques à
cet âge. Les niveaux de méthémoglobine étaient très faibles
et comparables entre les communautés : concentration moyenne
de 0,12 g/l dans la communauté A, 0,14 g/l dans
la communauté B et 0,05 g/l dans la communauté C
(p=0,51). La concentration moyenne dhémoglobine était
plus faible dans la communauté C (97 g/l versus 105 g/l
et 106 g/l dans les communautés B et A respectivement,
p=0,002). Cependant, ce résultat ne semble avoir aucun lien
avec lexposition étudiée. Finalement, une légère augmentation
dans la concentration moyenne de TSH fut observée dans le groupe
le plus exposé, mais la différence nétait pas statistiquement
significative : 3,1 mU/l dans la communauté A,
2,2 mU/l dans la communauté B et 2,3 mU/l dans
la communauté C (p=0,09).
En conclusion, nous navons pas observé daugmentation
de la méthémoglobine chez des nourrissons alimentés avec des
préparations lactées reconstituées avec de leau désinfectée
au dioxyde de chlore. Cependant, malgré un bilan thyroïdien
normal pour tous les enfants investigués, nous avons observé
une légère augmentation non significative de la TSH chez les
enfants de la communauté (A) où le dioxyde de chlore était
utilisé comme désinfectant principal. Compte tenu de la taille
réduite de notre échantillon, nous sommes dans limpossibilité
de conclure sur cet effet potentiel chez les nourrissons.
Cette étude a été réalisée en collaboration avec le ministère
de lEnvironnement et de la Faune du Québec. Elle a été
financée par le domaine dintervention santé humaine du
programme Saint-Laurent Vision 2000, un programme conjoint provincial/fédéral.
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