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Le Saint-Laurent et la santé humaine, accueil
puce Avant-propos
puce Introduction
1 La consommation des ressources du Saint-Laurent
  1.1 La pêche sportive
  1.2 La récolte de mollusques
  1.3 La chasse et le Saint-Laurent
  1.4 Autres ressources du Saint-Laurent
2 Les activités de contact avec l'eau
flèche 2.1 La baignade et les sports nautiques
3 L'approvisionnement en eau potable
  3.1 La consommation d'eau potable
puce Conclusion
puce Références
 
flèche Quels sont les risques reliés à la baignade dans des eaux contaminées?
flèche Les amateurs d'activités nautiques sont-ils aussi à risque?
flèche Que sait-on de la qualité des sites potentiels de baignade le long du Saint-Laurent?

Que sait-on de la qualité des sites potentiels de baignade le long du Saint-Laurent?

Depuis un certain nombre d’années, on note une amélioration de la qualité bactériologique de l’eau du Saint-Laurent en divers endroits. Ce progrès résulte en partie des efforts entrepris par les municipalités riveraines pour traiter leurs eaux usées, principalement entre les années 1978 et 1995. Aujourd’hui, la presque totalité des Québécois (98,9 %) desservis par un réseau d’égouts municipal voit ses eaux usées traitées par une station d’épuration61. Cependant, la qualité bactériologique de l’eau des plages du Saint-Laurent n’a toujours pas atteint le niveau souhaité, particulièrement à cause des débordements des réseaux municipaux d’égouts par temps de pluie et de la non désinfection de certains effluents municipaux62. La contribution des autres sources de pollution dans la contamination microbiologique du Saint-Laurent, notamment les eaux de ruissellement en milieu urbain et agricole, demeure difficile à évaluer63.

Une étude, réalisée en 1995, indique que l’aménagement des plages situées le long du secteur d’eau douce du Saint-Laurent ainsi que leur fréquentation varient fortement d’un endroit à l’autre56. Certaines ne sont fréquentées que par quelques personnes tandis que d’autres, comme celles de Saint-Thimothée et du Cap-Saint-Jacques, près de Montréal, attirent plus de 40 000 baigneurs au cours de la saison estivale. Dans le secteur d’eau salée du Saint-Laurent, Tadoussac, Grandes-Bergeronnes, Les Escoumins et Pointe-Lebel, sur la rive nord, de même que Trois Pistoles et Sainte-Luce, sur la rive sud, sont très populaires36.

Proportion de la population riveraine desservie par une station d'assainissement des eaux usées

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La qualité bactériologique de l’eau d’une plage peut varier de façon appréciable au cours d’un même été.

Le ministère de l’Environnement du Québec a suivi, durant quelques étés, la qualité bactériologique de divers sites potentiels de baignade le long du Saint-Laurent, sélectionnés selon divers critères : plages historiques, plages anciennement surveillées, sites actuellement utilisés, présence d’un accès public, qualités esthétiques et potentiel global. Ce suivi a démontré, au cours des étés 1999, 2000 et 2001, que 54 %, 39 % et 34 % des sites respectivement échantillonnés, présentaient un potentiel intéressant pour la baignade. Cette étude a par ailleurs mis en évidence le lien entre les précipitations et la contamination bactériologique de l’eau, démontrant de nouveau l’importance des facteurs météorologiques sur la
contamination ponctuelle de l’eau du fleuve64, 65, 66.

À l’aide d’un modèle mathématique, des chercheurs ont tenté de déterminer la quantité de précipitations nécessaire pour provoquer un dépassement du critère de qualité lié à la baignade à l’Île Saint-Quentin (Trois-Rivières). Ils ont ainsi fait ressortir l’importance de fermer la plage au public pour une période de 24 heures, le surlendemain d’une pluie abondante, c’est-à-dire, d’une pluie de plus de 10,5 mm. Les résultats de cette étude viennent appuyer l’importance de prévoir un certain délai entre les débordements d’eaux usées non traitées et la réouverture du site de baignade67. Une surveillance étroite de la qualité des sites de baignade est donc souhaitable afin de pouvoir en évaluer les fluctuations.

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Il existe plusieurs endroits le long du Saint-Laurent où la qualité de l’eau est très acceptable pour la pratique d’activités récréatives.

Potentiel pour la baignade  de différentes régions

Un site présentait un potentiel intéressant pour la baignade lorsque le potentiel était considéré bon ou très bon.
Le potentiel d'un site est considéré très bon si la baignade y est possible à une fréquence supérieure ou égale à 70 % et si la moyenne géométrique saisonnière correspond à une qualité bactériologique excellente (classe A : 0 à 20 coliformes fécaux / 100 ml) ou bonne (classe B : 21 à 100 coliformes fécaux / 100 ml).
Le potentiel d'un site est considéré bon si la baignade y est possible à une fréquence supérieure ou égale à 70 % et si la moyenne géométrique saisonnière correspond à une qualité bactériologique médiocre (classe C : 101 à 200 coliformes fécaux / 100 ml).

Depuis 1999, la Ville de Montréal procède à l’analyse bactériologique de l’eau des rives qui ceinturent l’île de Montréal et l’Île Jésus, ce qui comprend les secteurs de la rivière des Prairies, de l’Île Bizard, du lac Saint-Louis, du bassin de La Prairie, du port de Montréal et de la rivière des Mille-Îles (côté sud). En 2001, huit tournées d’échantillonnage ont été réalisées entre les mois de juin et d’octobre. Bien que de nombreux dépassements du critère de baignade aient été enregistrés sur la rivière des Prairies, les résultats obtenus indiquent que la qualité bactériologique a été excellente dans les eaux du lac Saint-Louis et du bassin de La Prairie68.

En somme, les évaluations bactériologiques réalisées à divers endroits le long du Saint-Laurent semblent démontrer que plusieurs d’entre eux présentent un potentiel fort acceptable pour les activités récréatives entraînant un contact avec l’eau. Cependant, le rejet d’eaux usées non traitées, les débordements de réseaux d’égouts ou d’usines d’assainissement des eaux lors de pluies abondantes, la présence de nombreux goélands et canards, les périodes de canicule et l’achalandage élevé, sont autant d’éléments qui peuvent rapidement affecter la qualité microbiologique de l’eau. C’est pourquoi, la qualité de l’eau d’une plage peut varier de façon appréciable au cours d’un même été. Dans ce contexte, les analyses bactériologiques régulières constituent une façon d’établir si l’eau, dans un site donné, représente un risque pour la santé des usagers.

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La sécurité lors d'activités nautiques

En 2002, 60 % des baigneurs ont accédé au Saint-Laurent par une plage publique tandis que seulement 27 % se sont baignés là où se trouve un sauveteur1. Or, il est bien connu que certains endroits posent un risque pour la sécurité, en raison des courants ou des remous, par exemple. D’ailleurs, de nombreux décès par noyade surviennent dans un environnement non surveillé par des sauveteurs.

La navigation de plaisance sur le Saint-Laurent est pratiquée par plus de 500 000 riverains (17,5 %), la majorité d’entre eux utilisant des embarcations à moteur. Compte tenu de l’étendue du plan d’eau, de ses caractéristiques physiques particulières (courants, marées, brume fréquente, vents, etc.), de la présence d’une voie navigable par la marine marchande, la navigation sur le Saint-Laurent peut représenter un risque non négligeable pour la sécurité des plaisanciers. L’enquête de 2002 indique que le port du gilet de sécurité varie grandement d’un type d’embarcation à l’autre. En effet, ceux qui le portent le plus souvent sont les plaisanciers utilisant des embarcations à rame ou à voile1. Par ailleurs, 25 % des
plaisanciers ont déjà suivi une formation en sécurité nautique, proportion qui devrait augmenter au cours des années, compte tenu de la nouvelle obligation prévue à cet effet par le Règlement sur la compétence des conducteurs d’embarcation de plaisance de la Loi sur la marine marchande du Canada.

Photo : voiliers

 

Les niveaux d'eau : une préoccupation et une incitation à l'adaptation1

En 2002, une bonne proportion des riverains des secteurs de la métropole (14 %) et du corridor fluvial (23 %) aurait été personnellement affectée, de façon plus ou moins importante, par la baisse des niveaux d’eau du Saint-Laurent. Étant plus directement en contact avec le Saint-Laurent, les usagers de ses ressources (baigneurs, plaisanciers et pêcheurs) sont plus sensibles aux variations du débit et du niveau de l’eau.

Les principaux impacts ressentis par les riverains sont la détérioration de la qualité de l’eau, les problèmes d’accès, les contraintes à la navigation de plaisance ainsi que l’atteinte à l’intégrité de la faune aquatique ou de la nature en général. Le tiers des riverains qui ont été personnellement affectés par la baisse des niveaux d’eau aurait entrepris différentes mesures pour réagir ou s’adapter à la situation. Ces démarches sont multiples et répondent à diverses préoccupations (modification des lieux de pratique des activités, adaptation de l’embarcation, etc.), mais la principale mesure adoptée semble être la réduction volontaire des habitudes de consommation d’eau.

     
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