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Le Saint-Laurent et la santé humaine, accueil
puce Avant-propos
puce Introduction
1 La consommation des ressources du Saint-Laurent
  1.1 La pêche sportive
  1.2 La récolte de mollusques
  1.3 La chasse et le Saint-Laurent
  1.4 Autres ressources du Saint-Laurent
2 Les activités de contact avec l'eau
flèche 2.1 La baignade et les sports nautiques
3 L'approvisionnement en eau potable
  3.1 La consommation d'eau potable
puce Conclusion
puce Références
 
flèche Quels sont les risques reliés à la baignade dans des eaux contaminées?
flèche Les amateurs d'activités nautiques sont-ils aussi à risque?
flèche Que sait-on de la qualité des sites potentiels de baignade le long du Saint-Laurent?

2.1 La baignade et les sports nautiques

Le Saint-Laurent a déjà été un pôle d’attraction fort intéressant pour la baignade. Toutefois, il a été graduellement délaissé en raison de la fermeture de nombreuses plages qui s’avéraient très polluées ainsi que de changements sociaux importants comme la privatisation des berges, la diversification des activités de loisir, l’expansion urbaine et un meilleur accès aux piscines. Cette activité demeure malgré tout assez populaire à certains endroits du secteur d’eau salée du Saint-Laurent de même qu’en amont de Montréal. En 2002, 9% de la population riveraine, soit près de 268 000 personnes, se sont baignées dans le Saint-Laurent. Bien que ce nombre inclut également les personnes qui pratiquent d’autres activités nautiques entraînant un contact avec l’eau, comme
le véliplanchisme, le ski nautique et la plongée sous-marine, la très grande majorité de ces gens vont au Saint-Laurent pour se rafraîchir ou s’y baigner1.

La popularité de la baignade au Saint-Laurent varie toutefois grandement d’une région à l’autre compte tenu des conditions climatiques, de la qualité de l’eau, de la facilité d’accès ou des habitudes de vie des populations locales. Quoi qu’il en soit, ce sont les gens de la région du Golfe (un peu plus de 27 % de la population) qui se baignent le plus dans le Saint-Laurent.

Selon ce même sondage, plus de la moitié des riverains (58 %) estiment que les risques pour la santé associés à la baignade dans le Saint-Laurent sont élevés, ce qui représente une diminution par rapport à la proportion observée lors de l’enquête réalisée en 1995 (65 %). Cependant, le pourcentage de gens qui considèrent que ces risques sont inexistants a également diminué, passant de 3 %, en 1995, à moins de 1 %, en 2002. Il semble par ailleurs qu’environ une personne sur trois (36 %) se baignerait dans le Saint-Laurent si elle était informée que la qualité de l’eau y était propice à la baignade1, 50.

Aucune recherche n’a jusqu’ici démontré que la présence de très faibles concentrations de contaminants chimiques dans les eaux de baignade en milieu naturel pouvait constituer un risque pour la santé des baigneurs occasionnels. Par contre, la présence de certains micro-organismes (bactéries, virus, protozoaires ou autres parasites) dans ces eaux est considérée depuis longtemps comme un facteur de risque pour l’apparition de différents problèmes de santé.

Au Québec, la surveillance de la qualité des eaux de baignade en milieu naturel est assurée par le ministère de l’Environnement du Québec, par l’entremise du programme Environnement-Plage. Pour être admissible au programme, une plage doit être exploitée à des fins de baignade, accessible au public et reconnue comme étant sécuritaire. L’exploitant de la plage a pour tâche d’informer sa clientèle en installant une affiche qui indique la date du dernier échantillonnage et la cote de la qualité bactériologique des eaux. La municipalité a, quant à elle, la responsabilité d’interdire l’accès aux plages dont les eaux sont jugées insalubres51. En 2002, plus de 400 plages publiques étaient admissibles au programme, dont une dizaine sur le Saint-Laurent. De celles-ci, cinq étaient situées en eau salée, particulièrement en Gaspésie, et cinq en eau douce, essentiellement à la hauteur du lac Saint-François52.

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Les goélands : une menace pour la qualité des plages?53, 54

Le goéland à bec cerclé, un oiseau communément rencontré le long du Saint-Laurent, est porteur de plusieurs micro-organismes pathogènes pour l’homme tels que : Salmonella, Aeromonas, Campylobacter, Pseudomonas, Yersinia et Staphylococcus. De ce fait, il est possible que des problèmes de salubrité soient observés lorsque des efforts ne sont pas maintenus pour limiter la présence de ces oiseaux sur les plages. Des études réalisées dans la partie d’eau douce du Saint-Laurent ont d’ailleurs démontré que les goélands peuvent, par le biais de leurs excréments, contribuer à la contamination microbiologique des eaux de récréation. Les auteurs de ces études recommandent de limiter les sources de nourriture près des aires de baignade afin de ne pas y attirer les goélands. Des plages propres, des poubelles fermées et l’interdiction de nourrir les oiseaux sont des moyens simples qui devraient permettre de prévenir ce type de problèmes.

Photo : cyanobactéries

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Les fleurs d'eau de cyanobactéries (algues bleuesb)55

Les cyanobactéries sont des organismes aquatiques qui croissent le plus souvent dans des milieux où l’eau est calme ou immobile, de température relativement élevée et riche en phosphore. Lorsqu’elles abondent en surface de l’eau, les cyanobactéries peuvent former une masse appelée « fleur d’eau» qui, dans certains cas, ressemble à un déversement de peinture de couleur généralement verte ou turquoise.

L’intérêt que l’on porte aux cyanobactéries, d’un point de vue de santé publique, vient du fait qu’elles peuvent produire des toxines. Certaines d’entre elles, lorsqu’elles sont ingérées, peuvent causer des dommages au foie (hépatotoxines) ou au système nerveux (neurotoxines), alors que d’autres composantes peuvent avoir pour effet d’irriter la peau (endotoxines). Or, certaines activités récréatives (baignade, planche à voile, ski nautique, etc.) peuvent entraîner une exposition cutanée de même qu’une ingestion d’eau accidentelle.

La présence de cyanobactéries et de toxines (neurotoxine et hépatotoxine) a été recherchée dans les bassins versants de trois tributaires du fleuve, soit les rivières L’Assomption, Châteauguay et Yamaska. Les résultats ont révélé que le risque était peu élevé dans l’ensemble des bassins versants à l’étude, mais ont toutefois indiqué la présence de concentrations appréciables de cyanobactéries dans des zones de baignade des lacs Waterloo et Brome, du bassin de la Yamaska. À certains moments, l’abondance de cyanobactéries s’y est avérée suffisamment importante pour représenter un risque pour les personnes y pratiquant des activités récréatives entraînant un contact avec l’eau. Cependant, les résultats de cette étude doivent être interprétés comme un portrait ponctuel des conditions susceptibles d’être rencontrées dans ces plans d’eau.

b Plusieurs auteurs utilisent également la désignation « algue bleu-vert » du terme
anglais « blue-green algae ».

     
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